
Froid et santé
Introduction
Auteur(trice)s : Abbes Kacimi, Directeur du Centre Expertise et Ingénierie (CETI), Sofrigam Group
De la logistique des produits de santé à la cryothérapie en passant par l’imagerie de pointe, le froid est un outil indispensable, qui mobilise une ingénierie parfois sophistiquée.
Ce dossier, qui réunit les domaines de la logistique, de l’imagerie et de la thérapie illustre l’importance de la production
du froid et de la maîtrise de la température au service de la santé et de l’innovation, en pointant l’indispensable attention à porter aux exigences de sécurité.
Le premier article de ce dossier met en avant le rôle des pallet shippers, ces caisses-palettes isothermes autonomes qui permettent le transport aérien des produits thermosensibles. Optimisées pour les standards de l’IATA, capables
de préserver des plages de température strictes pendant plus de 100 heures et pensées pour réduire drastiquement l’empreinte carbone, ces solutions démontrent que performance thermique et durabilité peuvent converger. Dans un secteur où chaque degré compte, elles constituent un levier essentiel pour sécuriser la chaîne du froid pharmaceutique à l’échelle internationale.
Le second article nous plonge dans l’aventure technologique hors norme de l’IRM Iseult, dont l’aimant supraconducteur de 11,7 teslas représente aujourd’hui un record mondial. Conçu autour d’un bain d’hélium superfluide à 1,8 K, doté d’une architecture cryogénique redondante et éprouvé par des années d’essais, ce géant de 132 tonnes fournit des images d’une résolution inégalée. Iseult illustre la complexité et la précision extrême requise pour la maîtrise du froid assurant le fonctionnement des dispositifs supraconducteurs.
Enfin, le troisième article aborde les pratiques de cryothérapie et de cryostimulation, dont l’essor s’accompagne de défis majeurs en matière d’encadrement. Alors que ces expositions brèves à des températures extrêmes séduisent le sport comme le bien-être, l’absence de cadre légal clair en France expose les utilisateurs à des risques réels, allant des effets indésirables mineurs aux accidents graves. Les experts appellent à une standardisation des protocoles, à une formation rigoureuse des opérateurs et à un véritable cadre réglementaire pour sécuriser ces pratiques.