
Froid et santé
Cryostimulation et cryothérapie corps entier, quelles sont les bonnes pratiques ?
Auteur(trice)s : Romain Bouzigon, Benoît Dugué
Les différentes techniques de cryostimulation et de cryothérapie présentent des bénéfices en termes de bien-être et de santé. Pour assurer une mise en oeuvre sûre de ces pratiques, professionnels exploitants, fabricants d’équipements et institutions doivent collaborer en faveur d’une meilleure prévention des risques, notamment par la standardisation des bonnes pratiques et la formation.
Résumé
La cryostimulation et la cryothérapie corps entier (CCE) ou partiel (CCP) exposent le corps à un froid intense
(-40 à -195 °C) pendant 2 à 4 minutes. C’est une méthode inventée en 1979 pour soulager des pathologies
comme la polyarthrite rhumatoïde. La CCE est utilisée en milieu médical pour traiter des maladies
(douleurs, inflammation, dépression), tandis que la CCP (ou « cryosauna ») est souvent destinée au sport
ou au bien-être. Ces technologies agissent en stimulant les mécanismes d’adaptation au froid via l’hypothalamus,
mais elles sont souvent confondues avec d’autres techniques (cryolipolyse, immersion en eau
froide). En France, l’absence de cadre légal clair et la méconnaissance des contre-indications (maladies
cardiovasculaires, respiratoires, troubles neurologiques, etc.) posent des risques, notamment d’asphyxie
à l’azote (3 décès recensés). Bien que les accidents restent rares, leur prévention passe par une standardisation
des pratiques : formation des opérateurs, vérification des installations, respect des protocoles de
sécurité et sensibilisation aux différences entre les dispositifs. Des groupes d’experts, comme ceux de
l’Institut international du froid, travaillent à affiner les contre-indications et à promouvoir des protocoles
plus sûrs. L’avenir de ces pratiques repose sur un encadrement renforcé, une formation obligatoire, et une
collaboration entre chercheurs et professionnels pour garantir leur sécurité et leurs bénéfices thérapeutiques
ou de récupération
Summary
Whole-body cryostimulation and cryotherapy (WBC) and partial-body cryotherapy (PBC) expose the body to intense
cold (-40 to -195 °C) for 2 to 4 minutes. This method was invented in 1979 to relieve conditions such as rheumatoid
arthritis. WBC is used in medical settings to treat diseases (pain, inflammation, depression), while PBC (or “cryosauna”)
is often intended for sports or wellness. These technologies work by stimulating the body’s cold adaptation
mechanisms through the hypothalamus, but they are often confused with other techniques (cryolipolysis, cold
water immersion). In France, the lack of a clear legal framework and the misunderstanding of contraindications
(cardiovascular diseases, respiratory and neurological disorders, etc.) pose risks, particularly nitrogen asphyxiation (3 recorded deaths). Although accidents are rare, their prevention relies on standardizing practices: operator
training, equipment verification, adherence to safety protocols, and raising awareness of the differences between
devices. Expert groups, such as those from the International Institute of Refrigeration, are working to refine contraindications and promote safer protocols. The future of these practices depends on stronger regulation, mandatory
training, and collaboration between researchers and healthcare practitioners to ensure their safety and therapeutic
or recovery benefits.